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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 10:05

Il était plus de dix-neuf heures, la place Clichy était bondée de monde ; des flopées de touristes se déversaient sur la place pour admirer le temple du french cancan : « le moulin rouge », ringard et bien sympathique, je devais m’engouffrer dans la salle obscure aux environs de dix-neuf heures trente, je traînais dans le quartier depuis plus de deux heures, un peu surpris par la rapidité avec laquelle j’ai réussi à atteindre le piémont de la très touristique butte Montmartre. J’avais entamé mon périple piéton depuis le Châtelet , en direction du  nord ; bifurquais à gauche et remontant vers le palais Brongniart , les grands boulevards , les magasins géants , l’opéra , tous ce faste grotesque me déplaisait assez avant que je ne les découvre à pied , pas changé d'avis pour autant!  Je n’étais pas très fan de ce Paris « grand siècle », le Paris de Zola et des bonheurs de ses dames. Plein nord , des rues aux noms de villes , Amsterdam , le Havre  et puis chais pas quoi , et puis le quartier st Lazare , vint ensuite Pigalle , déception ? oui , un peu , on fêtait l’assomption , l’ambiance interlope n’avait pas lieu d’être le jour de l’assomption , soudain ,  je pris conscience que la structure haussmannienne de paris permettait de parcourir la ville rapidement de part en part en empruntant les grandes percées  nord-sud  , presque à vol d’oiseau  ! !

Je parvenais à Clichy, des peep-shows, des sex-shops, des cinéma porno, gay , bi , etc...

Il y avait des sangsues humaines de partout, on appelait ça des entraîneuses, dés que tu croises le regard de l’une d’entre elles , il fallait décamper à pas de course , j’avais faim, j’ai mangé , je voulais que la journée se consacre à l’œuvre de Sade , la plus drôle des rencontres que j’ai faite à paris , sans nul doute. En compagnie de ma sœur, l’autre fois près de la bastille , on a aperçu isild , blonde pale et difforme , elle à joué aux cotés d’Auteuil qui porta le rôle de l’érotomane marquis dans un film lénifiant de Benoît Jacquot , première rencontre !

 

 

Deuxième rencontre, FNAC, un mercredi matin, je recense les romans que je devais apporter à Alger pour toute une année, je jette un coup d’œil sur le rayon des romanciers en « s », les 120 jours ! ! 150 années d’interdictions   , nous voilà devant le mythe maudit, l’un des ouvrages le plus longtemps censurés de l’humanité contemporaine, fallait éclairer la lanterne d’Alger de la lumière qui jaillissait des ténèbres abyssales de l’infernal ouvrage ! ! 



Il est né un deux juin, est ce un simple hasard ? Votre narrateur est né le même jour, l’idée que je sois né le même jour me fait prendre conscience que je l’ai rencontré une troisième fois ! !

Quatrième : un mardi, place Beaubourg, achat du pariscope, 3 francs qu’il coûtait, programme des films de poètes maudits, Losey, Welles, Antonioni, jarmuch, ah ! Pasolini, le decaméron ; aaaah, les 120 journées ! ! !

Enfin, une flopée de chaleurs intenses enveloppait un corps exalté d’un algérois assoiffé à Paris, je vais enfin visionner l’œuvre tant décriée , satanique , blasphématoire , jubilatoire , insensée , gore , violente , excessive , radicale , bref , pasolinienne ; Pasolini est lâchement assassiné pour avoir adapté l’inadaptable, un Salman Rushdie puissance cent, on a pas encore accédé aux vœux de la fatwa des ayatollahs , la fatwa made in Vatican a réussi à taire à tout jamais l’illustre poète qui dérangeait tant !

 

Une fois à Clichy donc, je voulais lire quelques passages de cet « évangile du mal », je voulais faire corps avec l’œuvre, le livre et le long métrage feraient merveille, j’affinerai mon analyse du travail de Pier-Paolo qui consistait à adapter l’œuvre sadienne, je ne pouvais lire que de courts passages, la faim et la nausée m’indisposaient, basta

Le fait de retranscrire le Paris néo-révolution à la période trouble de la république de Salo nous renseignait sur la personnalité de l’auteur italien, son courage n’a d’égal que l’audace d’un marquis embastillé écrivant sur du papier toilette l’une des œuvres les plus décriées de l’imprimerie !

Télescoper le fascisme et le sadisme était une volonté évidente de l’auteur , la fascination clinique que Sade avait pour la violence comme principal moyen aux tyrans parisiens d’assouvir leur libido déviante qui n’a d’égal que l’aversion de Pasolini pour le totalitarisme, qui le dénonçait de la manière la plus dérangeante en le disqualifiant doublement , premièrement parce qu’ils étaient  fascistes, coupables d’avoir perpétré des crimes abjectes en terre italique , et deuxièmement  en les mettant en scène  dans le château sadien , théâtre de tous les forfaits les plus insoutenables ! !

 

Pasolini ne "put" adapter qu’une partie du terrifiant ouvrage, les récits détaillés dans un style de froideur clinique, la classification qui en découle donne la nausée, les récits terribles de la première prêtresse ainsi que les trois autres ne pouvait pas être formatés en deux heures, il devait résumer et donner lieu à une adaptation la plus fidèle possible mais le plus souvent étriquée ...

S’il fallait trouver une conclusion appropriée , nous dirons que la quête de l’auteur et du cinéaste ne fait qu’un , elle est dénonciation et oeuvre contestataire qui a choisi le scandale comme moyen de parvenir à une morale d’essence démocratiquement révolutionnaire : « réprimés de tout pays , levez vous contre les tyrannies ».

 

p.s : j’ai quand même lu quelque part ( mais ou ??) que Sade avait écrit les 120 journées de Sodome pour se masturber en prison (en l’occurrence, la Bastille) 


 


 

 

 

 

 

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Published by Brahmapoutre - dans Kino et Cie
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commentaires

muadib 29/05/2009 13:16

Je ne te ferais pas l'injure d'un compliment... mais bordel j'adore ta plume ! Et merci d'avoir exhausser mon vœux !

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